Vous avez fait votre rentrée politique à la salle des Douves à Bordeaux, mardi dernier. Comment abordez-vous les dix-huit mois à venir à la CUB ? Quel regard portez-vous sur l’agglomération pour les prochains mois ?
Il s’agit, pour moi, d’une rentrée « complémentaire » dans la mesure où les communes sont initiatrices de projets que la CUB a vocation à accompagner. En effet, cette tendance s’est accrue avec la signature entre les communes et la CUB des contrats de co-développement où chaque maire a défini ses priorités pour les années à venir.
Depuis quelques années, la CUB foisonne d’idées. Et ses idées sont relayées à grands renforts de communication. Pourquoi pas ? Après tout, nos concitoyens entendent ainsi parler de projets tels que 50 000 logements ou 55 000 hectares pour la nature. Mais, à ce jour, rien de concret n’a véritablement vu le jour.
Certes, chaque président a son style. Mais, j’ai tout de même une préférence pour les présidences qui donnent de l’impulsion aux projets. Et, comme j’ai la faiblesse de le penser, la mienne n’en manqua pas.

En disant cela, vous pensez au tramway ?
Effectivement, c’est sous ma présidence que le tramway a été mis en place puisque les trois lignes existantes ont été réalisées concomitamment. Aujourd’hui, il s’agit davantage d’extensions, d’ailleurs déjà prévues à l’époque. La seule véritable innovation est le tram-train du Médoc dont l’intérêt reste à démontrer.
Mais, il ne faut pas oublier que, dès 1996, le Schéma directeur des Déplacements Urbains de la CUB avait inscrit la réalisation de trois nouveaux franchissements urbains : Lucien Faure, Jean-Jacques Bosc et un franchissement central. Et dès 2000, la CUB a décidé la réalisation d’un pont mobile franchissant la Garonne au droit de Lucien Faure. Aujourd’hui, c’est donc avec beaucoup de satisfaction et de fierté que je peux voir, comme chacun d’entre vous, s’édifier le pont Bacalan-Bastide.
Une autre de mes grandes fiertés est l’aménagement des quais qui a redonné au fleuve un rôle central.

Vous citez des équipements structurants majeurs de notre agglomération. Aujourd’hui, il est beaucoup question de la Grande salle de spectacle et du Grand stade. Pourriez-vous nous en dire quelques mots ?
S’agissant de la Grande salle de spectacle, il est clair qu’elle répond à un besoin puisque notre agglomération est la seule de cette importance à en être dépourvue. J’avais, d’ailleurs, en son temps émis l’idée qu’elle se situe à Floirac pour équilibrer les deux rives en matière d’infrastructures.
Je souhaite donc que ce projet se fasse même si, pour l’instant, il connaît quelques ratés.
En ce qui concerne, le Grand stade, la ville de Bordeaux est maître d’œuvre avec le soutien de la CUB, de la Région, de l’Etat et du club des Girondins. Ce projet devrait être inauguré en 2015.

Tous ces équipements concourent à améliorer la vie des habitants. D’autres projets vont-ils également dans ce sens ?
Au niveau de la ville de Bordeaux, j’ai lancé l’idée d’arc de développement durable qui s’appuie sur l’émergence de quatre nouveaux quartiers : les Berges du Lac Ginko, les Bassins à Flot, Bastide Brazza et Bastide Niel.
Ces éco quartiers se veulent une réponse exemplaire à la lutte contre l’étalement urbain. Ils ont, en effet, été pensés pour se suffire à eux-mêmes avec des logements basse consommation, des commerces, des emplois sur place, des crèches et des écoles. Autrement dit, ces quartiers allient mixité fonctionnelle et mixité sociale.

Tous ces projets sont réalisés avec le concours de la CUB. Quel regard portez-vous sur la cogestion ?
Dans l’ensemble, la cogestion s’est révélée être une bonne chose car elle a permis à de très nombreux projets d’avancer. Cependant, ce mode de gestion particulier n’empêche pas que le groupe Communauté d’Avenir ait des divergences que nous exprimons et que nous continuerons à exprimer à la fois en Bureau et en Conseil de Communauté.
Ainsi, concernant le foncier, notre groupe est opposé à la création d’un Etablissement Public Foncier Local (EPFL) car celui-ci implique toujours tôt ou tard la mise en place d’une fiscalité additionnelle, à savoir la Taxe Spéciale d’Equipement.
Notre groupe sera, par ailleurs, vigilant quant à l’état d’avancement des dossiers jusqu’à la fin de cette mandature.

Dans le cadre de cette cogestion, cette fin de mandature sera-t-elle force de propositions ?
Le groupe Communauté d’Avenir n’a pas attendu la fin de la mandature puisque, dès 2010, il a entamé une réflexion sur l’avenir de notre territoire. Notre groupe a ainsi dégagé quatre thèmes majeurs : la mobilité, le transport des marchandises, le fleuve, les espaces naturels et l’agriculture. Cette réflexion a donné naissance à « 80 propositions ». Certaines, comme la mise en place des navettes fluviales, sont actuellement reprises par la CUB.
Dans les prochains mois, notre groupe fera connaître de nouvelles propositions pour les années à venir. J’irai moi-même à la rencontre des habitants de notre agglomération pour bâtir un projet qui soit au plus près de leurs attentes.

La reprise de la présidence de la Communauté urbaine après 2014 est donc pour vous nécessaire pour mener à bien ce projet ?
Elle est effectivement nécessaire et indispensable.