Suite à l’élection de Nathalie Delattre et Alain Cazabonne aux responsabilités de sénateur en octobre dernier, plusieurs changements sont survenus au sein de notre groupe. En effet, la ville de Talence s’est vue élire un nouveau maire, Emmanuel Sallaberry, jusque-là adjoint au maire délégué aux finances et au stationnement. Dominique Iriart, conseillère municipale talençaise et conseillère métropolitaine a été dans le même temps, élue Vice-présidente en charge de l’Agglocampus, de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Quant à Franck Raynal, actuel maire de Pessac, celui-ci a repris la délégation d’Alain Cazabonne qui est la proximité, la relation avec les communes et les contrats de codéveloppement. Ces nominations interviennent dans le cadre de la loi de cumul des mandats. En effet, dès que vous accédez aux responsabilités de sénateur, vous ne pouvez plus être maire, adjoint au maire ou même Vice-président au sein d’une collectivité territoriale. Cela permet à nos élus sénateurs d’appréhender au mieux leurs fonctions mais aussi de s’investir à part entière dans leurs mandats nationaux, tout en représentant notre Métropole et ses enjeux.

Nouvellement déléguée à l’enseignement supérieur, quelle est votre 1ère approche ?

Après une première phase d’immersion dans les dossiers en cours et concomitamment de rencontre avec les acteurs de ce vaste champ, il m’apparaît essentiel que Bordeaux Métropole accompagne les établissements d’enseignement supérieur et de recherche dans leur ambition d’excellence, tant les objectifs en la matière de la collectivité et ceux de l’université au sens générique sont similaires et leurs trajectoires parallèles, comme si elles se nourrissaient l’une de l’autre.

Dans le même temps, la politique de la Métropole doit imprimer sa marque en tout point de son territoire, de sorte qu’il n’y ait pas, d’un côté les campus avec leur logique propre d’organisation et de vie et de l’autre la cité, mais bien une continuité entre les uns et l’autre, voire une perméabilité. L’intention est là de part et d’autre. La mise en œuvre reste à construire.

Ainsi la politique de Bordeaux Métropole en matière d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation nécessite d’être appréhendée dans une perspective large, qui tient compte des questions de mobilité, d’urbanisme et de haute qualité de vie.

Dominique Iriart

Comment appréhendez-vous la proximité et les relations avec les communes à l’échelle métropolitaine ?

C’est une relation de confiance et de partenariat qui s’installe entre la métropole et les communes. Le travail effectué sur le contrat de codéveloppement est la traduction concrète de cet état d’esprit et de notre relation de travail. Les communes s’inscrivent pleinement dans la dynamique métropolitaine et les services les accompagnent dans la mise en œuvre de leur projet qui impacte le quotidien des habitants de la métropole. La singularité de chaque commune contribue à définir l’identité métropolitaine.

Franck Raynal

Nouvellement élu 1er magistrat de la 3ème ville la plus importante après Bordeaux, comment envisagez-vous les relations avec Bordeaux Métropole ?

Je souhaite tisser une relation de confiance durable avec Bordeaux Métropole, et la qualité de l’accueil très amical et chaleureux que j’ai reçu de la part d’Alain Juppé et de l’ensemble de l’équipe Communauté d’Avenir, m’a très sincèrement touché.

J’ai pu sentir que l’esprit et l’enthousiasme de 2014 est toujours présent. Dans un contexte budgétaire difficile que chacun connait, je peux mesurer l’ambition et la mobilisation de tous pour surmonter les défis qui nous attendent.

En tant que maire, je porte un regard bienveillant sur les relations qui doivent être tissés entre la Métropole et Talence. Bien au-delà de la question financière, les équipes de Bordeaux Métropole sont à même de nous apporter une expertise et un retour d’expérience précieux sur un  grand nombre de thématique.

Les grandes politiques d’infrastructures ou thématiques nous impose également d’avoir une vision à l’échelle d’un large territoire et c’est en cela que la métropole n’est pas qu’une simple entité administrative mais un véritable partenaire complémentaire de l’action municipale de proximité.

C’est dans ce contexte que j’ai décidé d’engager dès 2018 une réflexion sur la mutualisation de certains de mes services en commençant probablement par les fonctions « supports ».

Emmanuel Sallaberry

En tant que parlementaire, quel(s) projet(s) métropolitain(s) allez-vous soutenir ?

J’ai la chance d’avoir été le Maire de Talence durant 24 ans, ce qui me donne un regard bienveillant et averti sur les problématiques liées à l’autonomie des communes. Mon rôle en tant que sénateur sera de défendre l’idée que les municipalités sont les plus à même de répondre aux besoins des administrés. C’est aux Maires de décider de la politique fiscale de leur territoire. Dans  un contexte où le cadre budgétaire et réglementaire est de plus en plus compliqué, il est primordial de laisser aux communes la possibilité d’agir. Les premiers interlocuteurs des administrés, ce sont les élus municipaux et leurs services. Rien ne pourra jamais remplacer la proximité et c’est une erreur de penser le contraire. Prenez l’exemple de la police du quotidien que l’on souhaite mettre en place. Je ne souhaite pas que l’on aille plus loin que les dispositions des lois MAPTAM et NOTRE qui ont considérablement accrue la place des intercommunalités, au détriment des communes.

Alain Cazabonne

Comment envisagez-vous votre rôle sur le territoire métropolitain avec vos nouvelles responsabilités de sénatrice ?

Permettez-moi tout d’abord, d’adresser ma reconnaissance et mes remerciements aux trois sénateurs, Marie-Hélène Des Esgaulx, Gérard César et Xavier Pintat qui m’ont proposé , il y a trois ans, de rejoindre leur équipe, pour marcher dans leurs pas, ainsi qu’à Alain Juppé pour la confiance qu’il m’accorde depuis 10 ans au travers de mes responsabilités municipales et métropolitaines.

En tant que sénatrice, je resterai au service de la Métropole et bien entendu au service de chacun de mes collègues élus. Je défendrai ses intérêts tout en veillant à ce qu’elle joue pleinement son rôle de complémentarité et de solidarité entre les territoires girondins. J’ai déjà commencé ce travail, à travers les amendements que je porte depuis le 1er octobre, et plus particulièrement sur la Loi de Finances. Ils défendent, par exemple, l’action des maisons de l’emploi et des PLIE, les préoccupations fiscales des communes face au dégrèvement de la taxe d’habitation, les dotations des communes, etc.

En tant que vice-présidente de la commission des Lois, je participerai activement aux travaux du Sénat sur la mise en place de la nouvelle police de sécurité du quotidien, un enjeu très concret pour la Métropole. J’ai également engagé un travail important sur la filière viticole et je souhaite lancer une réflexion sur la viticulture urbaine.

Je serai donc un infatigable relais des communes de la métropole et du département auprès du Sénat, du Gouvernement et du Président de la République !

Nathalie Delattre