Quel regard portez-vous sur la mutualisation ?

Le service public local évolue, il s’agit de répondre à l’impérieuse nécessité de mutualiser nos moyens et de faire ainsi des économies. Pessac, a pris toute sa part dans cette évolution, voulue par la loi. Nous avons été pro-actifs sur ce sujet avec pour seul objectif : améliorer la qualité, la proximité et l’efficacité du service public.

Franck Raynal

Je ne suis pas opposé à la mutualisation. D’ailleurs, la commune de Talence a délibéré favorablement en ce sens. Néanmoins, j’ai quelques inquiétudes autour de ce processus. La loi MAPTAM, votée par le Gouvernement socialiste de Jean-Marc Ayrault, acte l’idée selon laquelle « big is beautiful », c’est-à-dire des centres de décision qui sont toujours plus éloignés du citoyen. Cette orientation va à l’encontre de ma conception du rôle de maire qui repose essentiellement sur la proximité avec ses concitoyens. La méthode choisie par Alain Juppé a le mérite de donner à chaque commune suffisamment de souplesse quant au rythme et au calendrier de cette mutualisation.

Alain Cazabonne

Quelle part prend votre commune dans le cadre de la mutualisation des services avec Bordeaux Métropole ?

2015 fut toute l’année de la préparation à la mise en commun des services entre Pessac et la toute nouvelle métropole de Bordeaux. La mise en place de la mutualisation le 1er janvier 2016, dont les transferts seront effectifs au 1er avril, a demandé un énorme investissement des cadres des deux collectivités. Pour Pessac, plus de 15 % de nos effectifs sont transférés à la Métropole. C’est un défi organisationnel qu’il faut doubler en 2016 d’un défi de l’efficacité et de la proximité maintenue entre les services concernés et les pessacais. Nous avons tout à y gagner !

Franck Raynal

Nous réfléchissons actuellement à la mutualisation de certains de nos services. En effet, il nous paraît tout à fait pertinent pour des fonctions supports comme les services achats et informatique. Néanmoins, je tiens ma légitimité des électeurs talençais depuis 1995. Aussi, j’ai une part de responsabilité dans l’action de mes services communaux. Si je décide de mutualiser mes services ma relation aux agents ne sera plus que fonctionnelle, je perdrais donc tout lien hiérarchique avec eux, ce qu’en l’état je ne peux concevoir.

Alain Cazabonne

Dans un contexte budgétaire difficile pour les collectivités locales, la mutualisation est-elle un moyen de réaliser, selon vous, des économies ?

Cette réforme se fait d’abord à moyens constants en 2016, et les économies ne seront vraiment visibles que dans 2 ou 3 ans, ce qui nous aidera aussi à relever le défi fiscal que nous a lancé le Gouvernement en prélevant sur les collectivités locales non seulement ce qui est nécessaire au titre du partage de l’effort budgétaire de la nation, mais en faisant aussi peser sur nous son incapacité à réduire les dépenses de l’Etat.

Franck Raynal

La Cour des comptes affirme que les économies réelles pourront se dégager d’ici 10 ans. A court terme, le coût du service public ne diminuera pas.

Alain Cazabonne